|
|
Origine des armoiries de Grandcour
Pallé de six pièces, argent et azur, à la bande
brochant de gueules chargée de trois coquilles d'or posées en
bande. Le premier pal d'azur chargé en chef d'une molette d'or.
La bannière fut donnée en 1381, comme le conte le récit
ci-dessous, et fut renouvelée le 6 janvier 1752 et celle
d'aujourd'hui a été faite en 1850-51. Mais c'est un drapeau
fantastique et lorsqu'on le remplacera, il est inutile de le
faire aussi grand ; puis, il sera important de maintenir les
armoirires telles qu'elles doivent être, avec la devise :
"Je le veilt" (Je le veux) et au revers l'inscription :
MILICE DE GRANDCOUR
1381
(Ch. Marcuard-Guex, Annales de Grandcour,
Lausanne 1923)
Les querelles de deux dames ont donné
naissance à l'honorable milice bourgeoise de Grandcour
(1381)
En l'an 1373, le comte Louis de Neuchâtel mourut, laissant
tous ses biens à sa femme. Celle-ci, Marguerite de Vufflens,
était aussi belle que méchante et intrigante. Devenue veuve,
elle eut tôt fait de trouver un nouveau mari, en la personne de
Jacques de Vergy.
C'est ainsi que la Seigneurie de Champvent vint en mains de cette
famille. Dame Vergy-Champvent jalouse et orgueilleuse ne tarda
pas à se prendre de bec avec Dame Guillaume de Grandson, sa
voisine.
Les querelles de ces dames s'envenimèrent à un tel point que le
baron Guillaume de Grandson décida de convoquer ses féaux
sujets pour administrer une sérieuse et définitive correction
à ses belliqueux voisins de Champvent. Il fit appel à ses
sujets de Grandcour pour prêter main forte à ses hommes d'arme.
C'est pourquoi, au printemps 1381, de nuit, le 23 mai, les
vaillants miliciens de Grandcour s'embarquèrent à Chevroux et,
à la pointe du jour, arrivèrent à Grandson.
Sur la place du château, les carrés se forment, miliciens de
Grandcour aux premiers rangs. Les sujets du baron Guillaume
foncent sur Champvent.
Après une rude bataille, le comte Vergy-Champvent doit se
retirer honteux et battu dans son château, alors que ses hommes
s'enfuient dans les bois. Alors, du haut de son cheval, le baron
Guillaume s'écrie : "Mes braves et féaux sujets de
Grandcour, vous êtes dignes de porter mes couleurs !" C'est
pourquoi, dès 1381, les armoiries de Grandcour et Grandson sont
identiques.
En outre, pour récompenser ses sujets de Grandcour, il leur fit
don de terres qu'il possédait, de Ressudens en suivant la Glâne
jusqu'à Rueyres, y compris les prés Borreaux, soit 300 poses. A
cela, il ajouta la cave de la Champagnoulaz, dans laquelle,
durant 3 jours, au début de mai, les miliciens auront le droit
de vendre du vin (Fête de la milice).
Pour mettre un terme à ces querelles entre les de
Vergy-Champvent et le baron Guillaume de Grandson, leur
souverain, comte Amédée de Savoie dit Comte Vert, les convoqua
à Ballaigues, pour signer un traité de paix. A Ballaigues, en
présence de Messires Hubert de Colombier, Rodolph de Vufflens,
Jean de Corcelles, Lambert de Champvent et du Donzel de Vigny, du
diocèse de Genève, un parchemin rédigé en latin fut signé
par les bélligérants s'engageant à vivre en paix dans
l'avenir.
Sur ce parchemin, malheureusement détruit en 1802 par les
"bourla-papey", furent apposés les sceaux de Messire
Hubert de Colombier et, au-dessous, ceux du baron Guillaume de
Grandson et du comte Vergy-Champvent.
Ces hauts faits, de valeur historique, ont été retrouvés dans
les archives de Ballaigues par un des doyens, M. F.-H.
Mayor-Thévoz, ardent et fidèle milicien.
V. C.
(Tiré d'un article d'un journal non identifié)
L'origine du nom du village de Grandcour dans le district de
Payerne vient de grand domaine, cortis en latin. En 1212, on
disait encore Grancort.
cortis, curtilis, curtis
Latin médiéval. Domaine rural, propriété rurale, ferme,
enclos, cour d'une ferme, basse-cour.
Curtis dominica : centre d'exploitation
domanial, constituant une ferme domaniale, composée d'un logis,
de bâtiments annexes, d'une cour et souvent entouré par une
enceinte (closura).
Les toponymes dérivés de ces noms sont de formation
germano-romane, de l'époque mérovingienne (VIIème et VIIIème
siècle), et désignent la ferme, le domaine rural d'un Germain.
Ils sont fréquents dans les régions proches du domaine
germanophone (Jura, Neuchâtel, Fribourg).
Dernière mise à jour de cette page : 1 janvier 1970
|